La table dont j’ai toujours rêvé

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Depuis le jour où je suis partie en appartement, j’ai toujours rêvé de fabriquer moi-même ma table de cuisine. J’avais une idée romantique d’une table faite par un fermier, sur laquelle sa famille de douze enfants a mangé pendant des années et qui s’est transmise de génération en génération. Mais les appartements de Montréal offrent rarement beaucoup d’espace, je me suis donc toujours contentée de l’ensemble de cuisine vintage que mon père m’avait donné. Or, une fois emménagée dans notre loft, j’ai constaté que cette petite table (bien que très mignonne) ne convenait plus du tout. C’était l’occasion parfaite pour finalement me lancer dans la construction de ma table de rêve.

Raphaël et moi nous sommes rendus à la cour à bois avec l’idée d’acheter de l’érable de 3 pouces d’épais pour obtenir un look très massif. Une fois sur place, nous avons vite déchanté; ledit érable allait nous coûter près de 900 $ si on considérait le matériau brut, la coupe, le planage, le laminage, etc. Et à ce prix s’ajoutait celui des pattes sur lesquelles allait reposer le majestueux « top ». Nous nous sommes regardés quelques instants et avons décidé d’aller voir si une option plus modeste ne pourrait pas nous convenir.

Chez Langevin Forest, il y a un « salon des  bois » où l’on peut trouver des planches déjà coupées dans une vaste gamme d’essences. Suivant les conseils d’une préposée, nous avons arrêté notre choix sur du hêtre étuvé rustique (en spécial, yeah!). Un bois ayant beaucoup de caractère et pour un total de 90 $ taxes incluses! Comme quoi, il peut être gagnant d’avoir une certaine ouverture d’esprit.

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Voici comment nous avons effectué la construction.

Tout d’abord, il est normal que les planches ne soient pas totalement droites au départ. Pour les aligner, nous les avons collées ensemble, laissées sécher et nous avons passé un trait de scie à la jonction. De cette façon, même s’il advenait que la nouvelle coupe ne soit pas droite, les deux planches auraient la même courbe et pourraient s’emboîter parfaitement.

Une fois le redressage effectué, nous avons biscuité et fait le collage final. Une biscuiteuse est un outil franchement merveilleux pour la construction de meuble. Elle permet d’insérer de petits morceaux de bois (des biscuits) qui agiront à titre de jonction et ajouteront beaucoup de solidité. Pour l’étape du séchage, il est important d’utiliser des serre-joints pour stabiliser le tout et permettre à la colle à bois de bien faire son travail.

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Il est ensuite nécessaire de solidifier la table en lui fabriquant un cadre. Pour cette étape, nous avons utilisé du pin, un bois pâle qui s’harmonisait bien avec le hêtre et, surtout, qui coûte très peu cher. Finalement, comme nous voulions quelque chose de durable, nous avons ajouté des tiges de métal en « L ». Ça permet non seulement une meilleure stabilité, mais ça empêche aussi le bois de se tordre aux changements de température. Petit truc pour percer les tiges de métal : tremper le bout de la mèche dans de l’huile végétale. Ça évite de surchauffer lors de la friction métal sur métal.

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Pour les pattes, nous avons opté pour quelque chose de délicat. (Je n’aime pas les pattes de table massives…) La compagnie montréalaise Industric MTL fabrique des hairpin legs magnifiques et de qualité. À notre demande, ils ont même pu nous faire des pieds ajustables (dans les cas de plancher non nivelé).

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Pour le sablage du bois, nous avons utilisé des papiers sablés de grade 80, 120 et 220. Plus le nombre est grand, plus le grain est fin. Il faut donc commencer par le plus rugueux et, au fur et à mesure que le bois s’adoucit, changer pour un papier plus doux. Dernière étape : le vernis. Nous aimons tout particulièrement le vernis Minwax Polyurethane satiné. Il est facile à appliquer et sèche rapidement.

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Voilà le résultat! Un an plus tard, je suis toujours en amour avec notre table. Et pour la postérité, nous l’avons signée. Si elle traverse les époques, j’aime à penser que les futurs propriétaires pourront savoir qui l’a fabriquée. Mon petit côté romantique qui ressort…!

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Claude
© Textes et photographies: Claude Bourgault

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