Madagascar (partie 1)

IMG_2644 madagascarAu sommet de la bucket list de Raphaël trônait une destination d’exception pour lui, Madagascar. Il avait toujours été fasciné par ce pays méconnu et peu visité. Nous avions parlé plusieurs fois de la possibilité de s’y rendre pour voir de nos propres yeux ce que cet endroit mystérieux pouvait offrir, et c’est l’automne dernier que j’ai ramené le sujet sur le tapis. Raphaël allait avoir 30 ans en mars, je me disais que ce serait la façon parfaite de souligner ce passage important. Tout semblait être de notre côté pour que ce soit réalisable au printemps et c’est en janvier que nous avons finalement officialisé le tout en achetant nos billets d’avion.

Je n’ai jamais été attirée par les voyages de groupe. Or, après plusieurs lectures sur le pays, nous nous sommes rendus à l’évidence que voyager par nous-mêmes pouvait être un peu plus complexe. Madagascar, sans être un pays dangereux, peut parfois réserver quelques surprises. Il existe plusieurs options pour se déplacer dans le pays : l’avion (plutôt coûteux), le taxi-brousse (genre de petit autobus bondé, aux arrêts très fréquents et au service peu fiable), ou la location de 4×4 (qui vient avec les services d’un chauffeur, car les routes sont imprévisibles partout dans le pays). Il n’est d’ailleurs pas recommandé de rouler à la nuit tombée, car les risques d’accidents ou d’attaques sont plus élevés.

D’attaques, oui… C’est qu’il faut savoir que Madagascar est un pays sous-développé et la pauvreté est criante quasi partout. Les gens vivent avec très peu et font ce qu’ils peuvent pour s’en sortir. Antananarivo, la capitale du pays, est l’endroit où la pauvreté est le plus exposée. La ville est dense et très polluée, les odeurs d’essence sont fortes dans les rues. Des enfants quêtent et peuvent suivre les touristes sur de bonnes distances dans l’espoir de recevoir un peu d’argent. Il n’existe pratiquement pas de signalisation routière, pas d’arrêt ni de feux de circulation. Il faut donc être sur ses gardes lorsqu’on doit déambuler dans la foule et traverser les rues bondées de véhicules.

Et en plus des contraintes de transport, la barrière de la langue peut représenter un obstacle lorsqu’on voyage seul. On peut se débrouiller en français dans les villes ou les endroits plus touristiques, mais la majorité des gens parle uniquement le malgache. C’est donc pour ces différentes raisons que nous avons décidé de voyager avec un groupe et un guide par l’entremise de G Adventures, une agence canadienne qui offre des voyages de découvertes partout dans le monde. Nous souhaitions visiter ce beau pays avec une tranquillité d’esprit.

IMG_2559 madagascarIMG_2651 madagascar

Mais même si c’est une réelle prise de conscience de voir des gens vivre dans de telles conditions, il ne faut pas penser que Madagascar se résume à la pauvreté. La courtoisie et la générosité des Malgaches sont sans pareil, les valeurs familiales sont au premier plan et les gens étaient curieux de nous rencontrer. Lors d’un séjour dans un village, entourés de la plus belle campagne qui soit, nous avons été reçus en grande pompe. Tout au long de la marche de 8 km pour s’y rendre, les gens nous saluaient, contents de nous voir. La nourriture servie était délicieuse, et un feu de camp animé par un groupe de musique local et les enfants qui dansaient ont couronné le tout. Sous un ciel offrant des milliers d’étoiles, le spectacle était grandiose.

IMG_2622 madagascarIMG_2638 madagascarIMG_2688 madagascar

Le tourisme est une industrie très importante pour l’île, mais un propriétaire d’hôtel nous disait qu’en 2015, seulement 175 000 étrangers ont visité Madagascar. Ce n’est rien si on pense que le Festival de Jazz de Montréal à lui seul attire environ 2 à 3 fois plus de touristes en une seule édition… C’est pourquoi j’ai voulu redonner à la hauteur de mes moyens. Nous avons acheté des produits locaux, donné des pourboires (aussi généreux que possible) aux guides, chauffeurs, femmes de chambre, serveurs, etc., et distribué les restes de nourritures plutôt que de les jeter. Plusieurs fois notre autobus a ralenti pour nous permettre de tendre ce que nous pouvions à des enfants en bordure de la route. En racontant ceci, je ne souhaite pas nous dépeindre en héros, mais je me rends compte qu’il n’est pas si complexe d’aider les autres, et si j’ai pu adoucir la vie de quelques Malgaches le temps d’une journée, ça me touche vraiment.

IMG_2655 madagascar

À la fin du voyage, réfléchissant à tout ce que nous avons vu et à tous les gens que nous avons rencontrés, je reste sur l’impression qu’il me manque des pièces du casse-tête pour avoir un portrait d’ensemble. La pauvreté est bien visible, facile à trouver. Mais qu’en est-il des gens au niveau de vie un peu plus élevé? Par exemple, je doute que les enfants de notre guide vivent dans la rue, sans chaussures ni rien à manger. Je sais que le pays compte beaucoup d’agriculteurs et que beaucoup d’adultes savent à peine lire et compter, mais quel est le pourcentage de gens scolarisés? Bref, je crois que je devrai y retourner un jour et essayer d’approfondir davantage ma connaissance de ce peuple. Un jour…

Claude
© Textes et photographies: Claude Bourgault

Advertisements