Madagascar (partie 2)

IMG_2783 madagascarLa dernière fois que je vous ai parlé de Madagascar, c’était à propos de son peuple en grande partie démuni, mais pourtant si généreux. Bien que découvrir de nouvelles cultures m’intéresse au plus haut point, la grande amie des animaux que je suis avait surtout très hâte de découvrir la faune et la flore de la grande île rouge.

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Madagascar était autrefois appelée l’île verte, car elle était couverte de forêts luxuriantes. Mais à travers les années, 90 % des forêts primitives ont disparu, souvent brûlées par les Malgaches pour en faire des terres agricoles, des pâturages et des rizières. Ce geste pourrait être facilement jugé répréhensible, toutefois j’essaye de me mettre à leur place et je me dis qu’ils font ce qu’ils peuvent pour survivre… Mais par ce geste, ils contribuent à l’appauvrissement écologique du pays, détruisant l’habitat naturel d’animaux maintenant en voie d’extinction. Et comme Madagascar est une île, beaucoup d’animaux et de végétaux sont endémiques et ne peuvent être vus nulle part ailleurs dans le monde.

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Je me sens donc privilégiée d’avoir pu voir une nature aussi riche de mes propres yeux. Trois choses que nous souhaitions voir à tout prix : les baobabs, les caméléons et les lémuriens.

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J’ai été surprise d’apprendre que les baobabs ne sont pas des arbres, mais bien des plantes. Nous en avons vu de 3 ans (de toutes petites pousses!) et même de 1200 ans! Ils grandissent de 1 cm par année; il faut donc être patient pour les voir devenir grands! Leurs fruits ressemblent à des noix de coco couvertes de velours brun, on dirait des boules de Noël qui pendent aux branches. Nous avons d’ailleurs pu mettre la main sur du miel de baobab. Le goût n’a rien à voir avec ce qu’on peut acheter ici en épicerie. Certaines personnes disaient même qu’il a un goût légèrement alcoolisé.

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Nous avons eu l’occasion de voir des caméléons dans la forêt, mais nous avons surtout pu en observer une grande variété dans une réserve de reptiles. La plupart d’entre eux étaient petits et tous ne changent pas de couleur. Là-bas, ils vivent dans des espèces d’armoires ou dans des enclos remplis d’arbres, de feuilles et de branches. Notre guide en sortait quelques-uns à la fois et nous laissait les garder sur nos mains et nos bras. Quelle sensation de sentir leurs petites pattes sur la peau! J’étais fascinée par leur délicatesse.

Mais ma plus grande attente demeurait la rencontre avec les lémuriens. Il existe 101 espèces et sous-espèces de lémuriens et toutes ne se trouvent qu’à Madagascar. Comme la plupart ne vivent qu’en forêt et que celle-ci disparaît à vue d’œil, ils sont menacés… Tellement mignon, on aurait envie de prendre dans nos bras ces petits primates aux yeux tous ronds. Nous avons été tellement chanceux d’en voir une bonne dizaine d’espèces différentes en réserves privées, mais aussi dans la magnifique forêt tropicale des parcs nationaux. Deux espèces se sont démarquées pour moi.

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Tout d’abord, le lémurien catta (ring-tailed lemur en anglais). Ses jolis traits faciaux lui donnent quelque chose de quasi humain. Il peut vivre en très grand groupe et nous avons pu en observer de très près à plusieurs occasions. C’était tellement cuuuuuute de les voir faire la sieste au soleil, roulés en boule, collés les uns sur les autres.

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Ce qui m’a le plus touchée, je crois, et ce qui demeurera le moment le plus mémorable de ce voyage, est l’observation du lémurien indri. Il n’en reste que quelques individus et ceux-ci ne vivent que dans une région bien précise. Les Malgaches ont bien essayé de les implanter dans d’autres forêts, mais sans succès. Les indris ne survivent pas en captivité et cela rend donc impossible l’instauration d’un programme de reproduction. Ils ont besoin de leur liberté, sinon ils se laissent mourir… Ils sont fidèles pour la vie; nous avons vu un couple et leur petit de un an. C’était une grande surprise pour les gens du parc, qui croyaient la femelle de 50 ans ménopausée. Leurs petites oreilles touffues leur donnent un air de petit ours et ce qui les démarque est leur cri puissant. Alors que nous n’étions qu’à quelques mètres d’eux, ils se sont mis à « chanter », indiquant à d’autres indris qu’ils étaient sur leur territoire. C’était si fort et si clair que l’émotion est devenue trop forte et je me suis mise à pleurer… C’était si beau… Chaque fois que j’y repense, j’ai les yeux pleins d’eau.

Les Malgaches sont sensibles à la situation environnementale du pays et tentent de préserver et de reboiser les forêts menacées. Ils enseignent également à la jeune génération à faire attention à la faune et à la flore qui les entourent. J’espère sincèrement qu’ils réussiront à sauver ces richesses uniques à leur pays.

Je vous laisse sur quelques images de ce voyage qui nous habite encore et je vous souhaite de pouvoir un jour apprécier les beautés de Madagascar de vos propres yeux.

Claude
© Textes et photographies: Claude Bourgault

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