La saga des fenêtres suspendues

_DSC5474-blogDepuis 1 an, Raphaël me parle du muret qui sépare la cuisine de notre chambre. C’est qu’il fait 7 pieds de haut et il y a un espace vide de 5 pieds au-dessus. C’est obligatoire selon le code du bâtiment; ce muret ne doit pas aller jusqu’au plafond. Raphaël avait toutefois pour idée d’y accrocher quelque chose. Quelque chose qui serait amovible et qui ne nous empêcherait pas de passer par-dessus le muret en cas d’incendie.

Notre quartier est plutôt industriel et la ville a annoncé, il y a quelques années, la démolition d’une usine datant des années 40. Oh la la le joli patrimoine qui serait détruit! Nous étions bien désolés d’apprendre que l’immeuble allait disparaître, emportant avec lui son histoire. Son histoire et aussi de nombreuses fenêtres à carreaux. Superbes, grandes, avec la trace de 75 années d’usure… Depuis que Raphaël avait posé les yeux dessus, il les imaginait bien accrochées au-dessus de notre muret.

S’en est suivi une série d’appels et de demandes pour savoir si nous pouvions récupérer deux fenêtres. Si une certaine ouverture d’esprit a été ressentie au départ, l’entrepreneur responsable de la démolition a fini par dire que non, ça ne serait pas possible. Alors c’est avec un pincement au coeur que nous regardions l’édifice disparaître peu à peu au fil des semaines.

Un peu avant la fin de la démolition, nous avons décidé de faire une ultime tentative. Plusieurs mois avaient passé, Raphaël a donc essayé de recontacter l’entreprise en formulant la demande à nouveau. Un certain Tony nous a laissé croire que la chose était possible. Plusieurs conversations ont eu lieu, nous sommes allés rencontrer la personne responsable sur le chantier, lui avons montré les fenêtres que nous voulions avoir… Nous étions certains que ça allait fonctionner, tout allait se concrétiser d’un jour à l’autre. Mais finalement, un lundi matin, le mur a été poussé par terre… Nos coeurs brisés ont dû faire une croix finale sur le désir de sauver un bout de l’histoire de notre quartier.

Malgré tout, nous avions toujours le souhait de suspendre des fenêtres au-dessus de notre muret. C’est finalement en fouillant sur Internet que nous avons trouvé Martin, un artiste récupérateur de Bromont, qui vendait deux belles fenêtres à carreaux en bois. Nous avons fait l’aller-retour pour aller les chercher et le soir même elles avaient trouvé leur place dans notre maison. Ça n’aura pas été simple, mais nous adorons nos fenêtres. Comme quoi on peut toujours arriver à nos fins avec un peu de persévérance!

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Et si vous cherchez de belles pièces, allez jeter un coup d’oeil sur le site de Martin. Il a une grande variété d’objets et meubles uniques et originaux!

Claude
© Textes et photographies: Claude Bourgault

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