Un long week-end dans le rang C

Aux yeux d’un(e) Montréalais(e), j’imagine qu’on peut dire que je viens de la campagne. Je viens en fait d’Arthabaska, petite ville fusionnée à Victoriaville il y a de cela près de 25 ans. C’était certes un endroit plutôt tranquille et notre cour arrière donnait sur l’IMMENSE terrain d’un collège privé tenu par une communauté de frères. Nous y avons passé beaucoup de temps, c’était un superbe terrain de jeux pour nous. Et comme nous n’étions pas des bums, les frères ne nous interdisaient pas l’accès.

Jeune adulte, je suis venue habiter à Montréal à reculons, je n’en avais pas du tout envie. Le bruit constant, les odeurs… Des gens partout, partout, tout le temps. Je trouvais ça difficile et je fuyais constamment chez mes parents ou ma sœur pendant toute ma première année en tant que Montréalaise. Mais si je voulais poursuivre mes études universitaires en cinéma, je n’avais pas vraiment d’autre choix que de rester dans la métropole. J’ai fini par m’y faire, à oublier l’agitation constante. Et après 14 ans de vie en ville, je peux aisément dire que j’y suis à la maison.

Toutefois, chaque fois que je retourne en campagne, ça me fait un tel bien. Le calme, le vent dans les feuilles, les oiseaux qui chantent… C’est si beau, si reposant et ça sent si bon! Il y a quelques années, Raphaël et moi avons loué une maison de campagne dans le but de décrocher totalement. La maison en question était absolument magnifique et parfaite (du moins pour nous!). Si elle était plus près de la ville, je me verrais bien y vivre.

Il s’agit d’une ancienne école, posée dans le rang C (le rang C tsé!). Son intérieur est en bois du plancher au plafond et ses grandes fenêtres laissent entrer la brise et la douce lumière. En hiver, c’est tout aussi joli et le foyer moderne me fait rêver. (Mon cœur! Non mais, avez-vous vu!?!)

Nous avons visité la maison du rang C à plusieurs reprises dans les dernières années, mais lorsque nous y sommes retournés récemment, j’ai trouvé que ça faisait beaucoup trop longtemps. On se sent à la maison chaque fois qu’on y entre et c’est avec tristesse que nous la quittons. Nous gardons indéniablement de très jolis souvenirs de chacun de nos séjours.

J’aimerais bien pouvoir avoir accès à ce genre de retraite plus souvent. Passer la fin de semaine à faire des siestes, regarder des films au bord du feu, un verre à la main ou simplement m’arrêter pour regarder et apprécier le joli autour de moi (dans ce cas-ci, cette maison de rêve!). En même temps, je me dis que ça nous fait apprécier encore plus chaque visite.

Et vous? Préférez-vous avoir de l’action constamment dans votre vie ou vous avez, vous aussi, besoin d’une petite pause par moment?

Claude
© Textes et photographies: Claude Bourgault

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