Un séjour au Bélize

Après Madagascar l’an dernier, Raphaël et moi avions envie de repartir en voyage pendant nos vacances du printemps. Après une longue réflexion, nous avions convenu d’aller visiter quelques parcs nationaux des États-Unis; plus principalement, Yellowstone. Or, Yellowstone se situe en région montagneuse et le climat est souvent imprévisible. Résultat, il n’est pas rare qu’il neige en mai et une bonne partie du parc est encore fermé et inaccessible à ce temps de l’année. Bien déçue, j’ai dû me résoudre à choisir une autre destination. Je crois toutefois que nous n’étions pas à plaindre, puisque nous avons mis le cap sur le Bélize à la place.

J’avais toujours entendu dire de ce petit pays d’Amérique Centrale que c’était un très bel endroit. Abritant la deuxième plus grande barrière de corail au monde, le Bélize se partage entre un continent recouvert d’une jungle luxuriante d’un côté et d’innombrables petites îles appelées cayes de l’autre. Nous avons partagé notre temps entre les deux, souhaitant voir un maximum de choses dans les 10 jours que nous avons passés là-bas.

Je vous ai raconté comment j’ai essayé de faire de la plongée sous-marine en piscine et à quel point ce ne fut pas un grand succès. Raphaël a été très gentil avec moi et ne m’a pas mis de pression pour que j’en fasse là-bas. Nous avons plutôt décidé de commencer notre voyage par une journée en voilier, pendant laquelle nous allions faire plusieurs plongées en apnée. Je ne cacherai pas que j’étais très nerveuse avant de me jeter à l’eau pour la première fois. N’étant pas la meilleure des nageuses, me lancer en pleine mer comporte son lot de stress. Nous avions toutefois fait affaire avec la compagnie Raggamuffin, qui nous avait été recommandée par une amie. Avant le départ, ils ont pris la peine de s’assurer que l’équipement faisait convenablement à chacun et leurs explications m’ont mise en confiance. J’ai donc pris mon courage à deux mains et j’ai sauté hors du bateau. Et par chance! J’étais étonnamment très à l’aise et, pour cette première plongée, nous avons nagé avec une immense tortue de mer! Nous espérions tellement en voir, on était fou comme des balais! Durant cette journée à naviguer sur la mer des Caraïbes, nous avons aussi pu observer de près de nombreuses raies, tout plein de poissons, des coraux et des requins-nourrices. Déjà, le Bélize nous en mettait plein les yeux!

J’avais toutefois très hâte de retourner sur le continent pour explorer la jungle, que j’adore. Nous avons débuté notre visite sur la terre ferme en visitant des grottes et des ruines mayas. On soupçonne que le pays en est littéralement recouvert, mais les fouilles sont longues et coûtent cher. Ce ne serait qu’un infime pourcentage que nous pourrions observer à ce jour. Le site de Xunantunich était très impressionnant et ce l’était d’autant plus que nous étions pratiquement seuls sur les lieux. Du début à la fin, nous avons eu la chance d’être seuls pour faire la plupart de nos activités. Dans un pays si touristique, ça me semblait improbable et nous en profitions au maximum.

La visite au parc national de Bocawina a été un moment fort pour moi. Nous y avons passé trois jours, notre hôtel se situant au cœur du site. On aurait dit le parc Jurassique et je n’aurais pas été surprise de voir des dinosaures y vivre. L’humidité et la chaleur sont accablantes dans la forêt tropicale et plusieurs membres du personnel nous demandaient comment nous nous sentions dans cet environnement. C’était lourd, mais dans le contexte, ça ne nous gênait pas du tout. Nous en avons plutôt profité pour nous aventurer sur le sentier qui menait à une des chutes de l’endroit. C’était merveilleux de pouvoir se baigner dans l’eau fraîche, en plein milieu d’une forêt dense et déserte! Nous avons tellement aimé que nous y sommes retournés le lendemain; profitant de ce rafraîchissement fort bien accueilli alors que le soleil commençait à descendre derrière les montagnes.

Bocawina nous a aussi permis de faire de la tyrolienne, une activité que j’adore. Et l’ultime aventure que ce parc nous aura offerte est le trek jusqu’à la chute de Antilope, haut perchée dans les montagnes mayas. Nous étions prévenus que nous devions être assez en forme pour affronter un sentier très escarpé. À plusieurs endroits, il y avait des cordes pour s’aider à se hisser. Ajoutez à ça 35 degrés Celsius et une humidité de 100 %, difficile de rester au sec!  Ça en valait nettement la peine toutefois, car la vue du haut de la chute était magnifique. Pour redescendre, pas question de simplement reprendre le sentier à l’inverse. Pourquoi pas faire du rappel à même la chute! Raphaël, avec son passé d’escalade, a fait ça les yeux fermés. Toutefois, la grande novice que je suis a trouvé ça plutôt difficile. Surtout avec des centaines de litres d’eau qui se déversait violemment sur mon visage! J’ai glissé à quelques endroits, mais j’étais quand même très contente de ma descente. Le guide disait que beaucoup de gens pleurent et figent en plein milieu. Quand on se compare, on se console!

Après toutes ces émotions fortes, nous avons terminé notre voyage sur la minuscule île de Tobacco Caye. Il ne prend pas plus de 10 minutes à pied pour faire le tour de ce petit point dans la mer. Nous habitions dans une cabana avec un balcon donnant directement dans l’eau turquoise. Le vent marin qui soufflait en permanence était divin, rien de moins. Difficile de trouver plus paradisiaque. Nous avons profité de nos trois jours là-bas pour faire du kayak de mer et de la plongée en apnée. L’île était collée sur la barrière de corail, nous pouvions donc nous y rendre à partir de la plage. J’ai été émerveillée de voir des centaines de poissons aux mille couleurs, je ne m’attendais vraiment pas à ça. Le plus impressionnant a sans doute été une énorme raie aigle tachetée. Elle semblait battre des ailes comme un oiseau sous l’eau. Ces créatures sont si gracieuses.

Vraiment, ce court voyage au Bélize m’a permis de découvrir un endroit magnifique et des habitants extrêmement généreux. À plusieurs reprises, alors que nous avions l’air un peu perdus, des Béliziens sont venus vers nous pour nous offrir leur aide. Pour avoir utilisé les services de transport en commun (on peut traverser le pays à bord de vieux autobus scolaires) dans lesquels nous étions clairement les seuls touristes, je n’ai jamais senti que quelqu’un aurait pu tirer avantage de notre vulnérabilité. Les habitants semblent également avoir une volonté de protéger les richesses du pays, car il existe de nombreux parcs et réserves protégés. Et la forêt est partout sur le continent.

Un fichu de beau voyage comme on dit! De voir de si belles choses, ça donne le goût de repartir! Dans un futur pas trop lointain, j’espère…

Je vous laisse sur quelques images de notre aventure!

Claude
© Textes et photographies: Claude Bourgault

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