Îlot sur mesure (partie 2)

_dsc5794-blogLa dernière fois, je vous ai laissés avec la touche finale sur le cabinet de notre îlot de cuisine. Il manquait toutefois la réalisation et la pose de notre comptoir de béton.

Raphaël adore le béton. Il aime la couleur et le look brut de cette matière industrielle. Après nous être renseignés et avoir calculé les frais, nous avons décidé de nous lancer dans la fabrication maison de cette énorme dalle de béton. Le plus audacieux dans cette histoire est que nous l’avons fait à l’intérieur, dans notre atelier. Je ne vous le recommande toutefois pas… Ça fait de la poussière et de la saleté partout, c’est difficile physiquement… Ç’aurait été nettement plus agréable à l’extérieur.

Le béton à comptoir n’est généralement pas tenu en inventaire en quincaillerie, nous avons donc dû placer une commande spéciale. Il est plus fin et contient moins de cailloux que les bétons standards. Cinq sacs ont été nécessaires pour fabriquer notre dalle de 41 x 73 po.

Première étape, construire un moule avec une feuille de mélamine, en prenant soin de sceller les joints avec du silicone. Ces matériaux sont anti-adhésifs, ils facilitent donc le démoulage. Nous avons solidifié le dessous de notre moule avec des 2 x 4, le tout étant déposé sur des chevalets. Ce fut notre première erreur… La mélamine gorgée d’eau s’est déformée malgré le renfort et a donné une petite courbe à notre comptoir… Si nous avons à répéter l’expérience, nous déposerons le moule directement par terre.

Nous avons ensuite utilisé un mélangeur à main (similaire à celui-ci) pour mélanger l’eau et la poudre de béton dans un sceau. Un travail réalisable, mais très exigeant physiquement. Deuxième erreur. La quantité d’eau était un peu trop basse et nous aurions dû corriger le tir. Chose que nous n’avons pas fait… Le mélange final étant moins liquide, les chances de créer des bulles sur la surface de la dalle étaient donc plus grandes.

Afin d’éviter les bris, nous avons choisi d’installer un grillage et un cadre fait de tiges de métal à l’intérieur, environ à mi-épaisseur.

Après un temps de séchage de 7 jours, nous étions prêts à démouler et retourner le comptoir. Nous avons défait le cadre et avons demandé l’aide de parents et amis pour le manipuler. C’est que cette chose doit peser environ 300 livres!

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L’étape suivante est le polissage. À l’aide d’une polisseuse à faible rotation (comme celles utilisées pour les voitures) et de 3 tampons de polissage diamant à l’eau (nous avons acheté les nôtres chez Ciot), il faut s’armer de patience et y aller graduellement du plus abrasif au plus doux.  Dans mon cas, j’ai poli pendant 7 h jusqu’à un fini doux, mais non miroir.

Pour l’installation sur le cabinet, nous avons appliqué de la colle polyuréthane sur le cabinet lui-même et simplement déposé le comptoir dessus.

L’étape finale est d’appliquer un scellant fait pour les comptoirs, qui ne contient pas de produits toxiques (que nous avons également acheté chez Ciot).

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Au final, sommes-nous satisfaits? Oui et non… Le comptoir se marie bien avec le cabinet de bois massif, toutefois, ils comportent beaucoup de petites imperfections. La surface contient des bulles et n’est pas parfaitement lisse, le manque d’eau au mélange fait en sorte que la couleur n’est pas uniforme. Bref, il est rempli d’erreurs de débutants… Mais pour environ 500 $ au total, nous sommes tout de même satisfaits. Disons seulement que si c’était à refaire, on s’y prendrait différemment.

Et vous? Oseriez-vous le béton dans votre maison?

Claude
© Textes et photographies: Claude Bourgault

Îlot sur mesure (partie 1)

_dsc5796-blogLorsque nous avons acheté notre loft, l’îlot de cuisine n’était pas inclus. Et dans le but d’avoir un meuble qui conviendrait à nos besoins et à moindre coût, nous avons décidé de le faire nous-mêmes.

Un projet ambitieux, mais nous étions confiants! (Honnêtement, je m’en suis remise entièrement à Raphaël, car je ne savais pas du tout comment m’y prendre…)

Pour le cabinet, nous avons utilisé de la mélamine blanche. Puisqu’il ne serait pas visible de l’extérieur, inutile de dépenser pour un matériau plus noble. Nous avons réservé une armoire pour la poubelle, parce qu’elle aura beau être super design, une poubelle est toujours un élément disgracieux dans la cuisine. Pour celle-ci, il est important de bien isoler les joints entre les panneaux de mélamine avec du silicone. Vous ne voulez surtout pas que des odeurs d’ordures se répandent dans le reste de vos armoires!

Comme l’îlot allait avoir un poids considérable, nous avons ajouté un simple cadre fait de 2 x 4 sous le cabinet afin de le solidifier. Nous l’avons également mis sur roues, afin de faciliter les déplacements si nécessaire.

Pour les parois extérieures, nous avons utilisé du bois de pruche recyclé provenant d’une maison ancestrale de la région. Nous aimions beaucoup sa patine et son look rustique, et nous voulions quelque chose avec du caractère. Mais comme le bois était très vieux et sec, j’ai confié à un ébéniste professionnel le soin de couper les planches. Nous avions tout juste la quantité nécessaire et nous ne voulions pas risquer de fendre des planches au moment de les tailler. J’ai tout de même trouvé le moyen de faire une erreur dans les mesures que je lui ai donné et nous avons dû utiliser des retailles pour boucher les 2 trous que ça a créés… Ouais, je sais… Il faut tout vérifier et revérifier avant de couper!

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Les planches ont ensuite été collées et biscuitées en trois panneaux (j’ai déjà parlé de la biscuiteuse ici). Nous n’avions plus qu’à les visser sur le cabinet de l’intérieur. De cette manière, aucune vis n’est apparente, ce qui donne un fini plus professionnel. Dans un souci d’homogénéité, nous avons utilisé le même vernis satiné que pour notre table.

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Nous avions également prévu faire un comptoir lunch et, pour ce faire, nous avons calculé un espace de 14 po pour les jambes. On s’assure ainsi un confort lorsqu’on y est assis et les tabourets peuvent se glisser complètement sous le comptoir.

Finalement, pour les panneaux d’armoire, nous avons pu mettre la main sur la même mélamine que nos armoires déjà existantes. Encore une fois, dans le but de sauver des coûts, nous avons acheté une grande feuille que nous avons taillée nous-mêmes. J’ai aussi pu appliquer facilement la bande de chant en la chauffant avec un fer à repasser.

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Avant même d’y installer le comptoir, nous étions très satisfait du look massif du cabinet. Nous voulions quelque chose de punché, qui allait bien délimiter l’espace cuisine.

Dans un prochain billet, je vous expliquerai comment nous avons procédé pour fabriquer notre comptoir de béton. Probablement le projet le plus ambitieux auquel nous nous sommes attaqués!

-Claude
© Textes et photographies: Claude Bourgault

La saga des fenêtres suspendues

_DSC5474-blogDepuis 1 an, Raphaël me parle du muret qui sépare la cuisine de notre chambre. C’est qu’il fait 7 pieds de haut et il y a un espace vide de 5 pieds au-dessus. C’est obligatoire selon le code du bâtiment; ce muret ne doit pas aller jusqu’au plafond. Raphaël avait toutefois pour idée d’y accrocher quelque chose. Quelque chose qui serait amovible et qui ne nous empêcherait pas de passer par-dessus le muret en cas d’incendie.

Notre quartier est plutôt industriel et la ville a annoncé, il y a quelques années, la démolition d’une usine datant des années 40. Oh la la le joli patrimoine qui serait détruit! Nous étions bien désolés d’apprendre que l’immeuble allait disparaître, emportant avec lui son histoire. Son histoire et aussi de nombreuses fenêtres à carreaux. Superbes, grandes, avec la trace de 75 années d’usure… Depuis que Raphaël avait posé les yeux dessus, il les imaginait bien accrochées au-dessus de notre muret.

S’en est suivi une série d’appels et de demandes pour savoir si nous pouvions récupérer deux fenêtres. Si une certaine ouverture d’esprit a été ressentie au départ, l’entrepreneur responsable de la démolition a fini par dire que non, ça ne serait pas possible. Alors c’est avec un pincement au coeur que nous regardions l’édifice disparaître peu à peu au fil des semaines.

Un peu avant la fin de la démolition, nous avons décidé de faire une ultime tentative. Plusieurs mois avaient passé, Raphaël a donc essayé de recontacter l’entreprise en formulant la demande à nouveau. Un certain Tony nous a laissé croire que la chose était possible. Plusieurs conversations ont eu lieu, nous sommes allés rencontrer la personne responsable sur le chantier, lui avons montré les fenêtres que nous voulions avoir… Nous étions certains que ça allait fonctionner, tout allait se concrétiser d’un jour à l’autre. Mais finalement, un lundi matin, le mur a été poussé par terre… Nos coeurs brisés ont dû faire une croix finale sur le désir de sauver un bout de l’histoire de notre quartier.

Malgré tout, nous avions toujours le souhait de suspendre des fenêtres au-dessus de notre muret. C’est finalement en fouillant sur Internet que nous avons trouvé Martin, un artiste récupérateur de Bromont, qui vendait deux belles fenêtres à carreaux en bois. Nous avons fait l’aller-retour pour aller les chercher et le soir même elles avaient trouvé leur place dans notre maison. Ça n’aura pas été simple, mais nous adorons nos fenêtres. Comme quoi on peut toujours arriver à nos fins avec un peu de persévérance!

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Et si vous cherchez de belles pièces, allez jeter un coup d’oeil sur le site de Martin. Il a une grande variété d’objets et meubles uniques et originaux!

Claude
© Textes et photographies: Claude Bourgault